FARGA

FARGA est une agence de deux jeunes architectes engagés sur le sujet de l’habitat et des modes de vies contemporains.

Quel a été votre parcours, avant de fonder votre agence ? 

Avant de fonder FARGA j’ai travaillé dans l’agence de mon directeur de projet de fin d’études, il m’a embauché directement après mon diplôme. C’est un bureau à la frontière Suisse, emprunt d’une certaine culture du projet et isolé du reste du monde. Cette expérience s’inscrivait dans la continuité de mes études et je l’ai vécu comme une sorte d’incubateur – Un moment qui s’installe dans le temps long me permettant de construire les futurs outils de ma propre agence. 

Aussi, mon expérience conjuguée avec celle de Lauranne qui m’accompagne sur ce projet nous a permis de définir notre territoire d’actions qui s’appuie davantage sur un ressenti que sur une logique économique. Nous aimons l’idée de longer certaines grandes figures naturelles qui nous sont familières. Il y a une certaine poésie à quitter le Rhône à Jonction (Genève) pour le retrouver à dans un territoire complètement différent à quelques kilomètres de Marseille. L’architecte doit avoir certaine qualité d’arpenteur et conserver sa faculté à s’émouvoir de choses qui paraissent anodines.

Sur quel projet avez-vous préféré travailler, et pourquoi ?

Dans les combles d’une ferme en Haute-Savoie nous avons réussi à faire bouger quelques lignes. La salle de bain est au centre de l’espace, elle domine et reste visible. Elle bénéficie d’une grande baie qui éclaire indirectement le salon. Il y a une certaine stimulation à redonner de la noblesse à un espace habituellement traité comme « fonctionnel ».  Construire et interroger le programme fait partie de notre travail. La salle de bain est la pièce du corps, du soin, quand on l’ouvre sur le grand paysage on peut entrevoir un début de récit et de nouveaux usages. 

C’est aussi un projet « mono-matière » ou 80% du coût de construction concernait le lot charpente et menuiseries. Cela permet plusieurs choses : faire des économies d’échelles, créer du lien avec une entreprise impliquée, faciliter le chantier. Surtout, cela participe à la promotion d’un savoir-faire et à à la cohérence d’un projet qui s’unifie autour d’un seul matériau décliné sous différentes formes. 

Avez-vous des spécialités ou domaines de prédilection ?

Il y a une démarche qui nous est propre. On passe beaucoup de temps à fouiller et analyser le site et le programme avec rigueur pour y déceler l’opportunité. 

Nous venons de rendre un concours pour un Club-House et des Vestiaires de foot. Placé le long d’un terrain nous nous sommes orientés vers un « bâtiment tribune » qui permet de créer un usage « en plus » sans forcément déployer des moyens supplémentaires. Cette attitude est systématique chez nous. 

En revanche on ne sélectionne pas les projets par type de programme, l’architecte est déjà spécialiste de l’espace, de la matérialité et des usages. Ces sujets sont transversaux à tous les programmes, de fait un vestiaire de foot peut très bien enrichir la pour une maison individuelle. Aussi, se spécialiser cela peut rapidement aboutir à des réflexes et habitudes qui n’ont pas vraiment leur place en architecture, puisque chaque projet est unique avec des données de départ à chaque fois différentes. 

Le meilleur projet qu’on puisse vous demander ?

Le projet non essentiel ! Actuellement nous prenons collectivement conscience que l’être humain ne fait pas les choses parce qu’il en a besoin mais parce qu’il peut les faire et qu’il en a simplement envie. 

Ma plus grande émotion architecturale c’est sans doute la visite d’un logement social à l’unité d’habitation de Firminy. Une ancienne institutrice à la retraite qui habitait dans un espace aux qualités rares – Porte palière qui met en scène l’entrée dans le logement, double hauteur et baies monumentales ouvertes sur le grand paysage. Cette dame a développé un véritable art de vivre dans ce lieu, ce que nous nommons « le récit ». 

Le Corbusier pour sa « machine à habiter » ne s’est pas limité à l’essentiel.  Depuis  les « économistes » sont passés par là pour déplacer le curseur de nos exigences et définir une norme.  

Auriez-vous un conseil à donner aux porteurs de projets ?

Penser à son futur quotidien et ne pas hésiter à le fantasmer. Cela paraît enfantin et pourtant c’est la donnée essentielle qu’il nous manque systématiquement ! 

Proposer un environnement pratique, sain et techniquement irréprochable c’est le minimum que puisse faire un architecte mais sa plus-value n’est pas là.  

Très souvent, les programmes qu’on nous  soumet sont souvent les mêmes alors que personne ne vit de façon similaire. 

Encore une fois on va essayer de construire un « récit » ensemble. Il faut pour cela briser certains tabous, non-dits, lire entre les lignes.  Si les mots ne suffisent pas on peut passer par l’image, ou les films et séries qui proposent certains univers très aboutis. 

L’architecture va définir votre future façon de vivre et exercer une grande influence sur vos habitudes. Le moment de sa conception doit être libéré des fausses contraintes comme la norme ou les avis extérieurs qui ne sont jamais objectifs. 

Le conseil d’architecte

Comment choisir le bon terrain ?

Avant tout, il faut vérifier – ou faire vérifier- les aspects réglementaires. 

Cela fait, il faut garder en tête que l’architecte apprécie la contrainte, particulièrement quand c’est la nature qui lui impose. La présence de pente, de végétaux et même une certaine difficulté d’accès sont autant d’éléments qui alimenteront sa réflexion. En plus c’est une affaire plutôt rentable de rendre habitable un site a priori difficile. 

L’exemple de la villa Malaparte est parlant. C’est un amas rocheux hostile et non un terrain ! Pourtant l’architecture est bien là et joue le rôle de médiatrice entre l’Homme et les éléments naturels « sublimes ». Entre alors le paysage  dans le fameux « récit », comme un nouveau protagoniste.

Pour information, voici un graphique qui reprend la courbe d’évolution du prix du mètre carré du terrain constructible en France entre 2008 et 2018 :

Tableau évolution du prix et de la surface moyenne des terrains achetés entre 2008 et 2018

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