projet de rénovation néobretonne des années 1970 en cours de travaux à Dinard, bretagne par Archibien extérieur

Vous venez d’acquérir une maison des années 1970 aux beaux volumes, mais vos premières factures de chauffage vous font déchanter. Souvent classés « passoires thermiques » (F ou G au DPE), ces pavillons construits avant le premier choc pétrolier sont froids en hiver et étouffants en été. De plus, leur agencement historique, souvent très cloisonné, ne correspond plus vraiment à nos envies d’espaces ouverts.

Bonne nouvelle : leur structure géométrique simple est une formidable toile de fond pour un projet de rénovation et aménagement de maison avec un architecte ambitieux. Archibien vous explique comment isoler efficacement, assainir votre bâti et transformer cette architecture typique des Trente Glorieuses en un habitat moderne et performant.

Comprendre l’anatomie de votre maison : pourquoi est-elle une passoire thermique ?

Avant de penser « déco » ou « cuisine ouverte », il faut regarder ce qui se cache dans les murs. Pour prescrire une rénovation efficace, il est impératif de comprendre l’ADN constructif de votre bien. Pour bien démarrer, programmer une visite conseil par un architecte est souvent la meilleure première étape pour auditer l’existant.

Parpaing, brique et béton : les particularités structurelles de la décennie 1970

Ce qu’il faut retenir : Le mur type des années 1970 est souvent un « mille-feuille » peu isolant. Il se compose généralement d’un enduit extérieur, d’un parpaing de 20 cm, d’une lame d’air (souvent ventilée, ce qui annule l’effet isolant) et d’une contre-cloison en brique plâtrière.

C’est le matériau roi de la décennie : le bloc de béton creux (parpaing). S’il offre une résistance mécanique suffisante pour élever un étage, sa résistance thermique est quasi nulle (R ≈ 0.23). Concrètement, sans isolation rapportée, les murs sont froids et rayonnent cette sensation d’inconfort à l’intérieur.

Élément de la maison Performance Thermique Composition & Défauts
🧱 Les murs extérieurs Quasi-nulle (R ≈ 0.23)
  • Manteau inversé : Parpaing + lame d’air.
  • Lame d’air ventilée (annule l’isolation).
  • Parpaing capillaire (humidité).
🏗️ Les dalles et planchers Médiocre (Ponts massifs)
  • Béton armé sans rupteurs thermiques.
  • Pont thermique massif : froid par la dalle.
  • Plancher bas rarement isolé.
🪟 Les menuiseries Désastreuse (Uw > 4.0)
  • Cadres bois exotique ou alu ancien.
  • Simple vitrage (déperdition totale).
  • Étanchéité à l’air inexistante.

Les dalles sont également en béton. À l’époque, la technologie des rupteurs de ponts thermiques n’existait pas. La jonction entre la dalle de l’étage et les murs extérieurs crée donc un pont thermique linéaire critique, souvent source de condensation et de moisissures au niveau des plinthes.

Le cas particulier de la « Maison phénix » à ossature métallique

Si votre maison est une « Maison phénix », très populaire à cette époque, la structure est différente. Elle repose sur une ossature de poteaux et poutres en acier, avec des plaques de béton insérées entre les lisses.

Pourquoi est-ce un défi ? L’acier est un conducteur thermique exceptionnel. Si l’isolation n’est pas continue, chaque poteau métallique crée un pont thermique systématique, amenant le froid directement au cœur de la maison. De plus, lors d’une rénovation, il faut être vigilant : les coefficients de dilatation de l’acier et du béton sont différents, ce qui peut créer des mouvements structurels si l’on ne choisit pas la bonne technique d’isolation.

Prêt à réinventer votre maison des années 70 ?

Ne laissez pas les défis techniques (amiante, isolation, décloisonnement) freiner votre ambition. Archibien vous accompagne de A à Z.

Amiante et électricité : les points de vigilance sanitaire et sécurité

La décennie 1970 correspond malheureusement au pic d’utilisation de l’amiante en France. Avant d’attaquer les travaux, un repérage est indispensable. On retrouve souvent ce matériau nocif dans :

  • La toiture : Plaques ondulées ou ardoises artificielles en amiante-ciment.
  • Les sols : Les fameuses dalles thermoplastiques (type « Dal-Sol ») et surtout la colle bitumineuse noire utilisée pour les fixer.
  • Les conduits : Vide-ordures, canalisations ou shunts de ventilation.

Selon les informations publiées par le Ministère de la Transition Écologique, l’amiante nécessite l’intervention d’entreprises certifiées (sous-section 3) pour son retrait ou son recouvrement étanche, afin de garantir la sécurité sanitaire de tous. De plus, d’après les recommandations de l’Union sociale pour l’habitat, le polystyrène utilisé en doublage dans ces années-là n’a pas les propriétés ignifuges modernes, posant un vrai risque d’incendie.

Côté électricité, le constat est souvent sans appel. Les installations d’origine ne comportent généralement pas de terre sur les circuits d’éclairage ni de protection différentielle 30mA haute sensibilité. Une rénovation totale (dépose/repose) est plus simple et sécurisante qu’une mise aux normes partielle.

Pour vous aider à y voir plus clair avant de vous lancer, nous avons conçu ce petit simulateur interactif qui vous donnera une première estimation de l’enveloppe à prévoir pour votre rénovation globale.

Estimez le coût de votre rénovation

Renseignez les éléments ci-dessous pour obtenir une première évaluation de votre projet, basée sur les prix actuels du marché.

Voici votre estimation

Pour une rénovation globale performante de votre maison, prévoyez un budget compris entre :

0 € et 0 €

Cette enveloppe indicative comprend l’isolation extérieure, la toiture, les menuiseries, la pompe à chaleur et la ventilation. Gardez en tête que chaque projet est unique et que l’accompagnement par un architecte permettra d’affiner ces chiffres.

Isolation et enveloppe : quelle stratégie adopter pour sortir du DPE F ou G ?

Une fois le diagnostic posé, il faut agir. Mais attention, isoler une maison des années 70 ne s'improvise pas. C'est un arbitrage entre performance, esthétique et budget. L'objectif ? Transformer cette "passoire thermique" en un cocon confortable, été comme hiver.

Isolation par l’extérieur (ITE) ou par l’intérieur (ITI) : que choisir pour un pavillon des années 1970 ?

Pour une maison des années 1970 en parpaing enduit, l'Isolation Thermique par l'Extérieur (ITE) est la solution technique de référence. Elle est la seule capable de traiter efficacement les ponts thermiques structurels (notamment les nez de dalle à chaque étage) tout en préservant la surface habitable.

Pourquoi privilégier l'extérieur ? Si l'Isolation par l'Intérieur (ITI) semble moins coûteuse à première vue, elle présente des risques majeurs pour ce type de bâti. En isolant par le dedans avec des complexes étanches, vous coupez le mur de la chaleur de la maison. Le parpaing, qui pompe l'humidité du sol par capillarité, devient froid, et l'humidité risque de condenser derrière l'isolant, créant des moisissures invisibles mais toxiques. De plus, l'ITI ne résout pas le problème du pont thermique de la dalle d'étage.

L'ITE, en revanche, enveloppe la maison comme un manteau. Elle protège la maçonnerie des chocs thermiques et permet de ravaler une façade souvent défraîchie, faisant d'une pierre deux coups.

Menuiseries et vitrages : ne vous contentez pas de changer les fenêtres

Remplacer les vieilles fenêtres en bois exotique ou en aluminium (souvent en simple vitrage) par des menuiseries performantes est indispensable. Mais attention à la méthode de pose.

photo du projet de rénovation néobretonne des années 1970 en cours de travaux à Dinard, bretagne
Rénovation et extension d’une maison neobretonne des années 1970, réalisés dans le cadre d’un projet Archibien.

Beaucoup choisissent la "pose en rénovation" pour aller vite, en gardant l'ancien dormant en bois. C'est une erreur technique : cela réduit la surface vitrée et laisse le pont thermique de l'ancien cadre. Pour une performance réelle, optez pour la dépose totale. On retire tout pour repartir sur une base saine et assurer la continuité avec l'isolant extérieur.

Au sud, choisissez un vitrage avec un facteur solaire élevé (g > 0.6) pour bénéficier d'un chauffage naturel et gratuit en hiver. Prévoyez toutefois impérativement des protections solaires mobiles (volets, brise-soleil) pour éviter la surchauffe estivale.

Toiture et plancher bas : traiter les zones de déperditions oubliées

Dans une maison des années 70 non isolée, l'air chaud monte et jusqu'à 30% des déperditions se font par la toiture.

  • Combles perdus : C'est la solution la plus rentable. Le soufflage de ouate de cellulose ou de laine de roche (pour atteindre un R=8) est rapide et peu coûteux.
  • Toitures-terrasses : Si votre pavillon possède un toit plat (typique de l'influence moderniste), l'approche "toiture chaude" s'impose. On pose l'isolant (polyuréthane) au-dessus de l'élément porteur pour éviter la condensation interstitielle.

Ne négligez pas le "plancher bas" sur le sous-sol. Isoler la dalle par en dessous (flocage en sous-face) permet de couper radicalement cette sensation désagréable de "pieds froids".

Ventilation et Chauffage : les indispensables d'une rénovation énergétique réussie

Une fois l'enveloppe étanchéifiée, la maison ne "respire" plus par ses anciens défauts. La gestion active de l'air devient une question de survie pour le bâti et pour vous.

Pourquoi la VMC est-elle obligatoire après avoir isolé une maison des années 70 ?

Le réflexe à avoir : Si vous rendez votre pavillon étanche (nouvelles fenêtres, ITE) sans installer de Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC), l'humidité générée par les habitants va condenser systématiquement sur les zones froides, créant des moisissures.

Pour les pavillons des années 1970, deux voies principales s'offrent à vous :

  • La VMC Simple Flux Hygro B : C'est le standard de la rénovation, qui adapte le renouvellement d'air en fonction de l'humidité des pièces.
  • La VMC Double Flux : Plus complexe à passer dans un étage, c'est en revanche la solution reine pour un plain-pied avec combles perdus, offrant un confort thermique optimal en récupérant les calories de l'air extrait.

Chauffage : remplacer la chaudière fioul par une pompe à chaleur (PAC)

La vieille chaudière fioul "monstre" de 40kW doit disparaître. Aujourd'hui, on se tourne vers la Pompe à Chaleur (PAC) air-eau.

Le grand avantage de la rénovation globale est que vos anciens radiateurs en fonte ou en acier, conçus à l'époque pour de la très haute température (75°C), deviennent vos meilleurs alliés. En isolant massivement, vous réduisez le besoin de chauffe de la maison de 50 à 70%. Vos radiateurs se retrouvent alors "surdimensionnés", ce qui permet d'y faire circuler une eau beaucoup plus tiède (45°C), température à laquelle une PAC offre son meilleur rendement énergétique.

Équipement thermique État d'origine (Années 70) Solution recommandée
Le générateur Chaudière Fioul (40kW)
  • PAC Air/Eau : la nouvelle norme.
  • Besoins divisés par 2 ou 3 après isolation.
  • Rendement optimal (SCOP > 3.5).
Les émetteurs Haute Temp. (75°C)
  • Conservez vos radiateurs fonte !
  • Ils deviennent "surdimensionnés" (atout).
  • Parfaits pour l'eau tiède (45°C) de la PAC.
L'eau chaude (ECS) Cumulus ancien / Fioul
  • Chauffe-Eau Thermodynamique (CET).
  • Facture d'eau chaude divisée par 3.
  • À placer en espace non chauffé (garage).

Potentiel architectural et budget : réussir sa rénovation globale

L'immense atout des pavillons des années 1970 réside dans leur trame structurelle rationnelle. C'est un terrain de jeu idéal pour une réinvention architecturale complète.

Ouvrir l'espace : cuisine ouverte et luminosité pour moderniser l'intérieur

À l'époque, les espaces étaient très compartimentés : un grand corridor, une cuisine isolée, une salle à manger à part. Aujourd'hui, la priorité est de décloisonner pour moderniser les volumes et répondre aux modes de vie familiaux.

Cette reconfiguration est une étape clé où l'œil d'un expert est précieux. Lors d'une étude de faisabilité pour votre projet, un architecte peut vous proposer d'abattre des cloisons pour créer une vaste pièce de vie traversante. Et si vous souhaitez ajouter des mètres carrés supplémentaires pour profiter du jardin, il est judicieux de savoir si une extension de maison est possible sur votre parcelle.

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Quel budget prévoir et quelles aides (MaPrimeRénov’) solliciter ?

Faut-il procéder étape par étape ? Comme le souligne l'ADEME et le réseau d'experts d'Homji, la rénovation "geste par geste" est une impasse. Isoler sans changer les fenêtres crée des ponts thermiques, et changer le chauffage avant d'isoler conduit à l'achat d'une PAC trop puissante.

Pour une rénovation globale lourde de type "Bâtiment Basse Consommation" (incluant ITE, toiture, fenêtres, PAC et VMC), prévoyez une fourchette entre 1000 € et 1400 € / m². À cela, n'oubliez pas d'ajouter le coût du désamiantage (5 000 € à 20 000 €).

Heureusement, de forts leviers financiers existent. Le dispositif MaPrimeRénov' s'est récemment recentré sur le "Parcours Accompagné" pour les rénovations d'ampleur. Selon les données de l'Anah, l'aide est désormais proportionnelle au gain énergétique. N'hésitez pas à lire nos conseils pour comprendre comment financer une extension de maison ou des travaux lourds (Éco-PTZ, subventions).

Pour ne pas vous tromper et sécuriser chaque étape de cette belle transformation, n'oubliez pas l'importance de chercher un architecte pour votre rénovation, qui saura allier performance thermique et vraie qualité architecturale.

FAQ de vos questions fréquentes sur la rénovation d'une maison des années 70

Pourquoi privilégier l'isolation par l'extérieur (ITE) pour ces maisons ?

L'isolation par l'extérieur est fortement recommandée car elle permet de traiter efficacement les ponts thermiques, particulièrement importants au niveau des dalles en béton des années 70, tout en préservant l'inertie de vos murs et votre surface habitable.

Est-il obligatoire d'installer une VMC lors des travaux ?

Oui, c'est indispensable. En isolant les murs et en remplaçant les fenêtres, vous rendez la maison totalement étanche. Sans une VMC pour renouveler l'air, l'humidité va s'accumuler et provoquer rapidement l'apparition de moisissures nocives.

L'amiante est-elle fréquente dans les pavillons des années 70 ?

Oui, sa présence y est très fréquente. On la retrouve généralement dans les toitures en fibrociment, les dalles de sol thermoplastiques, les colles noires ou les anciens conduits. Un diagnostic amiante avant travaux est donc obligatoire pour assurer votre sécurité.

Vous avez aimé nos conseils pour savoir comment rénover une maison des années 1970 ?

Faîtes appel à Archibien : nous réalisons le programme de votre projet et vous aidons à en définir les bons paramètres. Nous sélectionnons des architectes locaux en mesure de concevoir votre projet et de le suivre selon vos attentes, vos besoins et votre budget. Vous les rencontrez, et recevez leurs propositions. Vous pouvez ainsi choisir l’architecte avec qui réaliser votre projet !
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